En Vaucluse : le compostage domine; seule une très faible part de la superficie agricole est utilisée
En 2005 :
45 000 tonnes de boues brutes
7 100 tonnes de matières sèches
95 % recyclées en agriculture
82 % après compostage
13 % sous forme de boues brutes
61 % des destinations = compostage
9 % = recyclage agricole direct.
Ce recyclage agricole des boues de station d’épurations urbaines, brutes ou compostées, est principalement régi par un décret et un arrêté datant respectivement de décembre 1997 et janvier 1998. Ces textes imposent des études préalables à tout épandage et une mise en œuvre rigoureuse et contrôlée.
Le décret suggère aux préfets de faire appel à un organisme indépendant pour avoir un avis objectif sur le respect des critères agronomiques et environnementaux dans les projets et lors de la mise en œuvre d’opérations de recyclage agricole.
En Vaucluse, la mission d’Organisme indépendant est assurée par la Mission d’Expertise et de Suivi des Epandages de boues (MESE).
Comme dans la majorité des départements, c’est la Chambre d’Agriculture qui a été choisie pour exercer cette mission (MESE).
Cette mission s’appuie sur une convention signée par le Préfet de Vaucluse, l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse et la Chambre d’Agriculture. L’Agence de l’Eau est le principal financeur de cette action. La Chambre d’Agriculture réalise les expertises, des actions d’accompagnement et finance ce qui n’est pas pris en charge par l’Agence de l’Eau.
La MESE donne un avis sur les études préalables aux épandages, les rapports de bilans agronomiques et de programmes prévisionnels. Elle réalise également des synthèses, des visites d’épandage, des contre-analyses de sol et de composts, ainsi que des analyses de produits végétaux issus de parcelles ayant reçu des boues.
Dans le Vaucluse, la MESE s’applique également aux déchets organiques d’origine industrielle et aux effluents agroalimentaires ( effluents de confiserie, effluents vinicoles…).
Chaque année, la MESE rédige un bilan d’activités présentant notamment les caractéristiques des opérations de recyclage agricole suivies dans le Vaucluse, qui est présenté aux membres de son comité d’orientation, présidé par le Préfet et constitué en particulier de représentants des administrations, des associations de consommateurs, des communes, des structures commerciales agricoles, d’élus agricoles et communaux …
Les 145 communes Vauclusiennes équipées d’une station d’épuration produisent chaque année 45 000 tonnes de boues, soit environ 7 100 tonnes de matières sèches (données DDAF de Vaucluse, 2005).
Le principal intérêt agronomique des boues est leur teneur en azote et en phosphore qui atteignent, en moyenne, respectivement 6 et 5 % de la matière sèche des boues vauclusiennes. La matière organique contenue dans les boues agit comme un stimulateur temporaire de la vie microbienne du sol.
Les teneurs en éléments indésirables, éléments traces minéraux et composés traces organiques, des boues vauclusiennes sont nettement inférieures aux valeurs limites imposées par la réglementation.
Les nuisances olfactives générées par les épandages de boues brutes et l’interdiction dans plusieurs cahiers des charges de production agricole de recycler les boues d’épuration, conduisent à restreindre fortement le nombre d’agriculteurs recycleurs. Afin de supprimer les nuisances olfactives, de réduire les risques liés aux pathogènes, d’améliorer la mise en œuvre des épandages et leur image, de nombreuses collectivités choisissent de faire composter leurs boues. Ce choix est également recommandé par le Schéma Départemental des Déchets Ménagers et Assimilés, approuvé en 2003.
En 2005, le recyclage agricole de boues brutes (non compostées) a été pratiqué sur 269 ha sur une surface totale en Vaucluse, pour les cultures concernées, d’environ 21 500 ha. Moins de 1% de la surface cultivée en blé dur, culture sur laquelle se pratique 60% des épandages, reçoit des boues d’épuration urbaines.
Les stations de compostage de MALO TTC (Orange) et de la SDEI (Mondragon) traitent environ 25 000 tonnes de boues et produisent de l’ordre de 10 000 tonnes de compost. Ces composts sont principalement recyclés en agriculture (1 000 ha, chez 15 agriculteurs).
Des boues vauclusiennes sont également compostées dans les Bouches du Rhône. A court terme, les boues du SITTEU seront également compostées.
Tout épandage déclaré de boues brutes, d’effluent ou de compost de boues non normalisé est suivi par la Chambre d’agriculture, par l’intermédiaire de la MESE.
Le Vaucluse, compte tenu de ses productions agricoles historiques, est équipé de nombreuses entreprises de transformation agroalimentaires. Celles-ci génèrent des déchets organiques, souvent recyclées en agriculture. Il s’agit de déchets bruts, écarts de triages, effluents, ou de boues issues de stations d’épuration. Leurs caractéristiques physico-chimiques sont très variables selon l’activité génératrice.
La plus grande quantité de boues d’origine industrielle est produite par l’usine Rousselot (ex-SKW), localisée à l’Isle sur la Sorgue. L’activité de cette entreprise génère chaque année environ 10 000 tonnes de matières sèches de boues chaulées, dont la quasi-totalité (7 800 tonnes en 2007) est recyclée sur le Plateau d’Albion. Le suivi de cette opération est assuré par le département Territoire et Environnement de la Chambre d’agriculture. Un nouvel arrêté concernant la mise en œuvre et le suivi de ce recyclage agricole a été validé par le Préfet de Vaucluse et celui des Alpes de Haute Provence en janvier 2003.
Par ailleurs, la MESE de Vaucluse suit, en appui à la DRIRE de Vaucluse, le recyclage agricole direct des boues produites par la Société Européenne d’Embouteillage (60 tonnes de matières sèches), localisée à Châteauneuf de Gadagne, et l’épandage des effluents des confiseries Kerry (320 000 m3 d’effluents par an) et Marliagues (11 000 m3 d’effluents par an), basées à Apt.
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